Et si, du jour au lendemain, votre voyage devait prendre fin ? Et si le pire se produisait ? À vrai dire, nous n’y avions JAMAIS pensé, pas même en souscrivant notre assurance voyage pour partir en Australie, à l’autre bout du monde. « Une formalité pour rentrer sur le territoire » m’étais-je dis, car l’assurance est obligatoire avec un PVT.

J’étais loin d’imaginer ce qui allait nous arriver… et que souscrire cette assurance voyage allait nous sauver la vie.

Il m’aura fallu du temps pour écrire cet article car, vous allez le comprendre, la situation était suffisamment grave pour qu’on ai besoin de quelques mois pour s’en remettre. Pas de panique, la situation que nous avons vécu est rare ! Vous pouvez voyager tranquille, mais prenez tout de même une assurance au cas où.

Jamais nous n’avions entendu d’histoire de rapatriement, croyant toujours cette éventualité improbable. Vous êtes sur le point de lire une histoire vraie, notre histoire, relatant l’impossible pour nous : stopper net notre voyage pour un retour d’urgence.

Un jour comme les autres, en Australie

Une belle journée dans les Blue Mountains où nous avons trouvé le job de nos rêves : la cueillette de champignons rémunérée ! Le travail consiste à monter dans le pick-up de Chris qui dévale les montagnes, à sortir équipés de nos talkie walkie à la ceinture, et à chercher puis ramasser des champignons revendus ensuite en restauration.

Job en Australie : la cueillette des champignons

Dernier jour de travail au coeur des Blue Mountains

C’est une bonne journée, nous en avons ramassé 60 kg et terminons exténués (quand même) dans notre van où Tom décide de préparer le dîner avec un échantillon de la cueillette du jour.
Levés depuis 6h du matin, nous n’avons aucun mal à nous endormir en pensant au programme de notre week-end que nous avons de libre. « Et si nous allions à Jervis Bay ? »

Dernier instants du road trip en Australie

Derniers instants du road trip, préparation de crêpes !

A cet instant, il était impossible d’imaginer que nous passions nos derniers moments paisibles dans notre van et dans cette vie d’aventure que nous aimons tant depuis plus de 9 mois. Des maux de ventre réveillent Tom, des douleurs tellement intenses qu’elles nous conduiront 48h plus tard aux urgences.

Les urgences de l’hôpital Campbelltown (NSW)

Nous avons attendu si (trop) longtemps car nous n’avions aucune idée de la prise en charge médicale. Faut-il prévenir notre assurance ? Va t’on devoir payer ou avancer les soins ? Comment va-t-on faire alors que les soins médicaux australiens sont très élevés ? Toutes ces questions ont retardé notre venue aux urgences et cela aurait pu être fatal.

Sachez le : si l’urgence semble vitale, comme c’était le cas ici, foncez aux urgences et appelez votre assurance pour connaître la marche à suivre.

N’attendez pas comme nous l’avons fait.

Arrivés en van aux urgences, et en tongs (s’il vous plaît), avec un Tom a demi-inconscient, nous avons été pris en charge de suite. À la question « Do you have Medicare ? » Comprenez, avez-vous une carte de sécu, sortez votre carte Chapka et expliquez leur que c’est votre Travel Insurance.

Toujours dans l’angoisse de l’ignorance du mal de Tom (qui est déjà sous morphine), je décide de prévenir Chapka. Le numéro est sur la petite carte que nous avions découpée et glissée dans votre portefeuille.
Une voix chaleureuse me répond, m’écoute et me rassure, c’est Stéphanie de Chapka Assurances qui prend en charge mon dossier depuis Londres.

Une opération chirurgicale à l’autre bout du monde

S’en suit un nombre d’heures et d’incertitudes angoissantes (intoxication liée aux champignons, appendicite ?) et franchement déstabilisantes jusqu’au verdict : Tom est en train de mourir, son intestin s’est retourné et se nécrose.
Nous l’avons su 48h après son admission, son cas est une urgence vitale, il doit être emmené au bloc au plus vite. Dans la panique, nous devons signer des décharges sur les risques de l’opération. On comprend qu’il y a une (faible) probabilité de décès, qu’il y a aussi 30% de probabilité que Tom soit relié pour toujours à une machine et il doit signer. S’il ne consent pas, il ne pourra pas être opéré. Le temps presse…

Il partira au bloc, 2 minutes après cette terrible annonce, et je me retrouve seule à composer fébrilement le numéro de mon assurance avant de prévenir ses parents. À ce moment, je n’ai pas vraiment besoin d’entendre des détails financiers, je veux simplement parler à quelqu’un.

Chez Chapka, on me rassure sur tout. L’opération, la prise en charge, la disponibilité à tout instant si j’en ai besoin…

S’en suit 28 jours hospitalisation, en Australie

5h après l’opération, je retrouve Tom relié à des tubes, des machines et des compteurs aux bips stridents. Son sourire groggy met fin à cet interminable calvaire où j’ai cru devenir folle en tentant de chasser l’idée noire d’un retour en France sans lui.

L’opération s’est bien passée. Pour le moment on ne peut prédire la suite mais il est bien là, malgré l’effet des drogues et je suis soulagée d’avoir la chance d’être avec lui à nouveau.

Tom sur son lit d'hôpital

Polly avec Tom et ses machines

La première nuit après l’opération, tout comme celles aux urgences, j’ai pu rester avec Tom, sur un fauteuil avec une couverture. Sans appétit, je me nourris à peine au café et au donut, sans oublier le patient du lit d’en face qui me fournit en briques de lait (adorable).

Nous sommes dans une chambre de 4 patients, séparés par des rideaux de tissus bleus et personne ne m’a empêché de veiller Tom jour et nuit depuis notre arrivée ici, à l’hôpital de Campbelltown (près de Sydney). J’aurai été incapable de me séparer de lui, usant même du stratagème du « je lui traduit ce que vous dîtes, il ne comprend pas bien l’anglais » (archi-faux).

Vous savez quoi ? Nous n’avons jamais reçu autant d’amour de la part d’inconnus.

Les infirmières, les patients, Stéphanie de Chapka, tout le personnel de l’hôpital nous ont donné de l’espoir, de la joie et de l’amour TOUS les jours.

Jamais ils ne m’ont laissé retourner dormir dans notre van sur le parking de l’hôpital. J’ai été logé dans l’hôpital (chambre avec douche, TV, micro-ondes), nourri (comme les patients, avec 3 plateaux repas par jour) et blanchit durant le 28 jours d’hospitalisation. J’ai pu être à côté de Tom à chaque instant, les bons comme les mauvais pour traverser cette épreuve avec lui.

Etre hospitalisé en Australie

Se battre et garder le moral quoi qu’il arrive 🙂

Tout nous a été facilité, nous n’avons fait aucune démarche et avancé aucun frais. Chapka (notre assurance) communiquait directement avec l’administration de l’hôpital et me disait sans cesse de nous focaliser sur l’essentiel, le rétablissement de Tom. Ce fût long, très long et plein de rebondissements…

Polly nous a aidé à traverser cette épreuve

Le soutien de Polly à toute épreuve

Plusieurs séjours en chambre isolée à cause d’infections, et des examens par dizaine : analyses, radiographies, IRM(s), scanners, intervention chirurgicale à nouveau, kinésithérapeute, nutritionniste, accompagnement psychologique et traductrice… Toujours financés par notre assurance (et l’hôpital je pense) sans que nous ayons jamais à nous en soucier.

À vrai dire, nous n’avons jamais vu la facture. Si nous n’avions pas eu d’assurance, les frais d’hospitalisation auraient certainement dépassés les 100 000 $AUS.

La sortie de l’hôpital et la suite

La bonne nouvelle nous est annoncée alors que nous n’y croyons plus, nous pouvons sortir de l’hôpital. Cette heureuse nouvelle signifie la fin d’un combat de tous les jours et une convalescence bien méritée pour Tom.

Là encore, quoi faire ? Il nous était interdit de reprendre le voyage, l’état de santé de Tom ne le permettait pas. Nous avions donc vendu Wilson quelques jours plus tôt. Notre van vendu sur le parking de l’hôpital est un souvenir douloureux, car il a marqué la fin prématurée de notre aventure australienne.

Chapka, avec l’aide de l’hôpital, nous a trouvé un appart-hôtel proche, nous permettant de revenir pour les visites de contrôle et en cas de problèmes. Sans l’accord du chirurgien, nous ne pouvons pas prendre l’avion pour rentrer car le trajet de 23h serait trop risqué. Nous serons donc logés aux frais de l’assurance, dans un hôtel tout confort avec notre petite cuisine pour préparer nos repas/médicaments. Bien sur, nous n’avons pas pu en profiter pleinement, nos journées étant rythmées par les RDV médicaux et le tri de nos affaires pour refaire nos sacs à dos l’âme en peine.

Les transports jusqu’à l’hôpital et les consultations externes ont également été pris en charge par Chapka, seule la nourriture est à nos frais.

Le retour en France

8 jours d’hôtel, avec un mélange de fatigue, d’angoisse et de stress, et nous avons enfin la validation pour rentrer. Nous nous empressons de donner à l’assurance le « bon de retour » pour organiser notre trajet vers la France.

Selon les critères communiqués par le médecin, le patient doit voyager allongé avec son accompagnatrice et disposer d’un fauteuil roulant pour les escales, Chapka a tout organisé. En 12h, nous avons reçu nos billets d’avion pour un retour en Business Class chez Emirates et un chauffeur privé pour nous conduire à l’aéroport de Sydney et de Paris à Tours, chez nous.

Bien sur, nous ne pensions pas achever notre aventure ainsi mais nous avions hâte de rentrer pour la santé de Tom, pour retrouver nos familles et nos amis qui nous ont cruellement manqué dans cette épreuve.
Le chauffeur charge nos gros sacs à dos dans son coffre et prend la direction de l’aéroport dans cette nuit chaude de fin d’été. Nos dernières bouffées d’air dans l’hémisphère sud resteront dans nos esprits lorsque nos yeux remplis de larmes ont franchi les portes de ce retour anticipé.

Le trajet, organisé avec une douce perfection, nous a rempli d’admiration. L’admiration de ce prestigieux voyage qui nous ramenait en France, l’admiration de ce projet fou que nous avions réalisé en partant à l’autre bout du monde. Enfin, de l’admiration pour le soutien sans faille que nous avons reçu de nos proches et de ces inconnus : Dr Stewart, Lowella, Anne, Linda, Rose, Amanda (les infirmières), l’hôpital de Campbelltown et Stéphanie de Chapka, qui nous ont sauvé la vie et permis de lui donner un nouveau sens.

Merci

Vous l’aurez compris, nous sommes et resterons éternellement reconnaissants auprès de toutes ces personnes qui ont joué un rôle pour nous permettre de rentrer tous les deux.

Nous avons mesurer toute l’importance de choisir une bonne assurance voyage, celle-ci peut vous sauver la vie. Comment aurions nous fait sinon ? Tom aurait t’il pu être opéré sans couverture santé ? Si oui, nous aurions eu des crédits à rembourser toute notre vie…!

Nous avions souscrit Cap Working Holiday, l’assurance PVT de Chapka à 428€/personne pour un an.

 

L'assurance voyage qui nous a permit d'être rapatriés

L’assurance voyage qui nous a permit d’être rapatriés d’Australie.

 

Je sais que c’est une situation exceptionnelle, d’ailleurs on pense toujours que cela n’arrive qu’aux autres. D’ailleurs, le problème de santé de Tom concerne à peine 1% de la population : l’inflammation de la diverticule de Meckel qui engendré l’enroulement de son intestin autour, le nécrosant sur 15 cm.

Depuis, Tom va mieux, même si nous avons été choqués de ce retour difficile et que les premiers mois de convalescence furent interminables. Aujourd’hui il a reprit toutes ses forces et cette épreuve nous a rendu inséparables. Nous avons décidé de partager le même nom de famille…
Nous prévoyons un nouveau départ en voyage, et nous savons déjà à qui nous adresser pour notre assurance, c’est une évidence. En espérant que le récit de nos aventures vous soit utile, ne négligez pas votre couverture santé car lorsque cela arrive, vous serez reconnaissant envers vous-même d’avoir fait le bon choix.

Vous pouvez partager notre expérience si cela peut servir au plus grand nombre.

Être rapatrié en France pour raison de santé : Retour sur notre histoire
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