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Nuit d’horreur à l’hôpital de Cat Ba, au Vietnam

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Arnaque à l'hôpital de Cat Ba, au Vietnam @neweyes
Nuit d’horreur et d’arnaque à Cat Ba (image illustration)

Dans tout voyage, il y a des anecdotes marrantes à raconter et des mésaventures un peu moins drôles à vivre. Les deux font partie intégrante d’un périple vivant et réussi !

Nous tenions à vous partager une de nos dernières mésaventure, trop longtemps gardée secrète… Une nuit d’horreur sur l’île de Cat Ba…

 

Au commencement

Nous sommes sur l’île de Cat Ba, au Vietnam afin de profiter des somptueux décors naturels que nous offre la baie de Ha Long. Tout se passe à merveille et le temps est idyllique ! 7 jours sans une goutte de pluie (en pleine saison des moussons) !

Le soleil est d’ailleurs tellement présent qu’il ne nous fait pas de cadeau. Heureusement, le cadre paradisiaque nous fait très vite oublier les coups de soleils et coups de fatigue. À part un soir…

Ce soir là, je ne me sens pas au top. Nous avons passé une bonne partie de la journée sous le soleil brûlant et ne nous sommes peut-être pas assez protégés. Je sens la fièvre monter et mes coups de soleils me brûler la peau. OK, j’ai pris un bon coup de chaleur (c’est ce que nous croyons), je vais me reposer, rester le plus possible « au frais » et m’hydrater, ça ira mieux demain…

 

Ça ne va pas mieux

2 jours plus tard, mon état ne s’arrange pas tellement. Je dirai même qu’il s’empire. Je passe des nuits horribles et des journées interminables à ne plus savoir quoi faire de ma peau.

« Mais quand est-ce que ce coup de chaleur va-t-il bien s’arranger ? »

Je tourne en rond, passe mes journées alité, en me disant que ça ira mieux demain. Le lendemain je réussi même à me persuader que mon état s’arrange. Mais c’est faux, les poussées de fièvre qui atteignent 39°C ne me facilitent pas la vie.

« Bon allez, ça ira mieux demain matin ! Et si ça ne va pas mieux, je vais voir un médecin. »

Mais je n’ai même pas le temps de finir cette nuit qu’il me faut aller voir un médecin maintenant. Je commence à devenir faible et me sens très mal. C’est le moment d’y aller !

Il est 2h du matin, nous prenons quelques affaires, demandons au gérant de l’hôtel de l’aide pour trouver un médecin d’urgence. L’homme, d’une soixantaine d’année, se réveille sans rechigner et me fait monter sur son scooter pour me conduire à l’hôpital de Cat Ba. Lucie et ma sœur nous suivent sur un autre scooter.

 

Enfin à l’hôpital…

Je ressens comme un soulagement en passant les portes de l’hôpital mais ce sentiment ne sera que de courte durée.

Il nous faut trouver quelqu’un de réveillé dans ces grands bâtiments vides et sordides. Heureusement que notre bienfaiteur de l’hôtel nous aide à frapper à toutes les portes en demandant un médecin. Sans lui, nous n’aurions jamais su à quelle porte taper.

Pour vous remettre dans le contexte, ici il fait nuit et tout le monde dort ! L’établissement parait désert et presque intégralement éteint.

Nous sortons deux personnes de leur sommeil (une médecin et une infirmière), qui ne sont pas contentes du tout…

Personne ne parle anglais, nous essayons d’expliquer tant bien que mal les symptômes qui m’amènent à venir les déranger durant leur sommeil si sacré. La médecin m’examine avec les moyens du bord (prise de température et un rapide coup d’œil dans le fond de ma gorge).

Le verdict tombe, j’ai de la fièvre et suis déshydraté (mais ça, nous le savions déjà).

Le personnel me fait signe de m’allonger « ici » en pointant du doigt une planche recouverte d’une paillasse tachée de sang. Le tout dans une pièce ressemblant bien plus à l’arrière boutique du charcutier du coin qu’à une chambre d’hôpital. Après plusieurs refus, on m’y oblige et me voilà étalé sur cette paillasse immonde, les yeux rivés sur le gros ventilo qui tourne a plafond.

J’ai mal au dos, ne me sens pas bien du tout et l’ambiance ne me plait guère… J’essaye d’oublier tout ça en comptant le nombre de gékos qui galopent sur les murs de la pièce…

 

Je suis soigné ?

L’équipe m’apporte des médicaments (du paracétamol et une solution vitaminée) qui vont me permettre de me réhydrater et de continuer ce voyage tranquillement. Ils m’installent dans une nouvelle chambre un peu plus engageante que la première et j’y prend volontiers mon traitement. Je me repose dans cette pièce plus d’une heure, accompagné de Lucie, ma sœur et notre gérant d’hôtel qui est toujours présent.

Je retourne chercher la médecin qui s’est rendormie afin de lui demander ce que je doit faire à présent. Impossible de se comprendre.

Elle me fait signe de rester dormir ici. C’est avec un ton très sec qu’elle me dit (et mime) que je ne partirai pas.

« Mais pourquoi ? »
« Qu’allez-vous faire de plus ? » 

Car l’établissement vieillissant a très peu de moyen et le niveau du personnel commence à me sembler douteux. Surtout après son auscultation approximative et peu délicate…

« Je ne veux pas finir ma nuit ici ! De toute façon tout le monde dort et on ne se comprend pas ! »

En plus de ça, on commence à se sentir étrangement angoissé entre ces murs glauques et cette ambiance de film d’horreur. J’en ai la chaire de poule. Impossible de rester plus longtemps ! On décide de quitter les lieux.

 

L’addition s’il vous plait !

Évidemment, nous n’allons pas partir sans payer. Nous demandons donc combien nous devons. Après s’être battu un bon moment pour qu’il daignent nous laisser rentrer à l’hôtel, le médecin nous demande 2 millions de dongs (environ 75€), maintenant et en cash !

« Quoi ??? »
« D’où sort ce chiffre exorbitant ? »

Nous refusons catégoriquement de payer cette somme et le ton monte très vite. Sans comprendre un seul mot de vietnamien, on sent très clairement qu’elle nous insulte et se fout de nous, aidé d’un collègue homme avec qui elle échange des sourires et regards complices. Nous ne nous débinons pas et refusons de payer 2 millions sans certificat ou preuve ! Elle ira jusqu’à prendre des mains nos billets en hurlant et vouloir saisir notre porte monnaie pour s’y servir.

Après un long crêpage de chignons verbal, elle nous lâche : « 1,5 millions ! » Sans justificatifs, dossier, ni facture.

Plus aucun doute, nous sommes maintenant sûrs et certains qu’il s’agit d’une grosse arnaque ! Ils essayent de nous dépouiller !

Sans surprise, la discussion s’enflamme de nouveau. La scène se joue alors que je suis toujours fiévreux et tient à peine debout.

 

Mais que fait la police ?

À l’annonce de ce nouveau tarif, et n’ayant pas envie de passer la nuit à se battre, nous décidons d’appeler la police. Lucie prend le téléphone et appelle d’abord notre numéro d’assistance de l’assurance Chapka qui nous couvre pendant le voyage.

Elle explique la situation et dit qu’il ne nous reste plus qu’à appeler la police. « Grave erreur ! » nous dit l’interlocuteur.

Nous avions omis un détail. La police est largement corrompue et ne sera jamais de notre côté. L’appeler ne ferait qu’envenimer les choses et nous pourrions finir avec une facture à 10 millions ou encore passer la nuit derrière les barreaux.

On comprend mieux maintenant pourquoi ils rient lorsque l’on menace d’appeler la police…

Mais alors que faire ?

 

Lueur d’espoir

Nous jouons notre dernière carte et appelons l’ambassade de France. Quelqu’un nous répond bien mais il n’y a personne à cette heure de la nuit qui ne parle vietnamien et qui pourrait nous sortir de ce pétrin. Mais il nous confirme ce que nous savons déjà : « Ça sent la grosse arnaque votre histoire ! Et n’appelez pas la police. Bon courage… »

En raccrochant, nous y allons au bluff.

« L’ambassade de France est très en colère sur ce qu’il se passe. Vous allez être appelé dès demain matin. »

Leur attitude changea en un éclair. La femme part se coucher de nouveau. L’homme se met à remplir ma fiche de soin et une « vrai » facture puis nous accompagne jusqu’à une nouvelle personne (réveillée celle-ci) dans un autre bâtiment (visiblement l’administration de l’hôpital).

La facture détaillée indique bien les traitement qui m’ont été donnés ainsi qu’une nuit dans une chambre que je n’ai « usé » que 2h. Bref, il ne fait aucun doute, la facture est clairement gonflée. 1,2 millions de dongs à régler, mais cette facture nous assure un remboursement de la part de notre assurance.

Nous ne nous battons plus, il est 5h du matin, nous sommes exténués et il nous tarde de reprendre les scooter pour retourner se coucher et oublier cette nuit horrible.

 

Au final, je suis retourné à l’hôpital de Hanoï car mon état ne s’arrangeait toujours pas. Mais cette fois-ci, c’était un vrai hôpital avec de vrais médecins (francophones en plus). J’ai pu être pris en charge correctement (hospitalisé, perfusé, et procéder à des analyses) afin de me soigner pour ce que j’avais réellement : une infection bactérienne d’origine alimentaire.

 

Aujourd’hui, tout va pour le mieux et l’aventure continue ! 😉

 

Vous pouvez retrouver nos récits de voyage ici.

 

Nuit d’horreur à l’hôpital de Cat Ba, au Vietnam

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