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Mongolie : Un ticket pour le désert de Gobi

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Au coeur du désert de Gobi, en Mongolie @neweyes
Voyage dans le désert de Gobi, en Mongolie.

Nous laissons le bleu du Baïkal derrière nous et reprenons le transsibérien, une dernière fois, pour 6h de trajet.

Il nous dépose à Oulan-Oudé (Ulan-Ude), notre dernier stop Russe avant la Mongolie. Pas le temps de visiter, on file chercher nos billets de bus, on passe devant la grosse tête de Lénine et on file se coucher.

 

Notre rendez-vous avec les steppes

Les gros sacs sur le dos, c’est de bon matin que l’on se rend à la gare routière pour monter dans le bus qui mettra 14h à rejoindre Oulan Bator. (Les informations du trajet Russie Mongolie sont à lire ici.)

On a le temps d’en voir du pays qui défile par la vitre… Des steppes, encore et toujours et une chaleur qui nous colle aux sièges. Le soleil brûle les terres sèches, parsemées de yourtes où l’on aperçoit les troupeaux de yacks, de chevaux et de chèvres qui viennent se mettre sur notre chemin.

Des coups de klaxon réguliers pour éviter les bêtes et on se surprend à découvrir un pays saupoudré de déchets, de plastiques, bouteilles ou ordures. Parfois même d’immenses fosses sont remplies sur le côté de la route, mêlant la Terre rude à des détritus contemporains.

Le contraste est saisissant, la différence de mode de vie, où le nécessaire est le maître mot, se mêle aux superflues bouteilles de sodas, emballages en plastique d’une alimentation qui n’a rien de naturelle.

 

Bienvenue à Oulan Bator

Passée la surprise de trouver ce pays vide de constructions dites modernes (y compris la route), nous arrivons à sa capitale qui marque l’empreinte citadine d’un pays aux grandes étendues. Plus d’1/3 de la population du pays y vit, environ 1 million d’habitants. Tout ça pour lui attribuer le joli classement de l’OMS de 2ème ville la plus polluée au Monde.

UB, comme on l’appelle ici, sera notre point de chute le temps d’organiser un peu notre parcours pour visiter la Mongolie. On aime voyager à l’instinct, sans véritable planification. On sait qu’on ne repartira pas de Mongolie sans avoir vu le désert de Gobi qui recouvre 1/3 de sa surface.

Et le reste, on verra bien. Nous sommes le 09 juin 2017 et avons un visa d’un mois.

Pour la visite de la ville, nous avons compilé quelques adresses ici, notamment celle de notre auberge, UB Guesthouse où nous rencontrons d’autres voyageurs extras. Ici ils organisent aussi des excursions, plus vous êtes nombreux sur un tour, plus le prix est intéressant (c’est tout de même limité à 6 personnes).

C’est pas vraiment notre truc les excursions, mais après avoir cherché à louer une voiture ou moto, on a dû se rendre à l’évidence : Aller dans le désert de Gobi par nous-même ça va être trop compliqué, ou alors on aurait du bien préparer notre trip (itinéraire, essence, nourriture, toile de tente…).

On choisit la facilité et décidons de faire confiance à des pros pour nous faire découvrir leur pays.

 

On s’évade dans le désert de Gobi

Il est temps pour nous de quitter l’agitation de la capitale mongole (enfin) !

Pour 8 jours et 7 nuits à travers le grand désert, cela nous revient à 55$/jour/personne soit, au total, moins de 800€ pour nous deux. Dans ce prix, tout est inclus : nous sommes accompagnés d’un chauffeur et d’un guide/cuisinier, transport, nourriture, hébergement, entrées dans les Parcs Nationaux, etc… Il faut simplement prévoir son eau potable perso et son papier toilette.

l'équipage
Notre petit camionnette de voyage dans le désert.

Pour avoir cherché pendant des heures sur internet des prix compétitifs avec des tours intéressants, celui-ci est vraiment très bien placé.

C’est parti ! On embarque dans une camionnette russe avec 3 autres voyageurs, tout contents d’aller enfin découvrir les richesses de la Mongolie.

 

Demandez l’programme !

Ces 8 jours sont passés à toute allure, retour sur nos impressions et ce que nous avons vécu.

JOUR 1 :
Avant de quitter la ville, un stop dans un supermarché afin de faire nos courses perso tous ensemble. Nous prendrons quelques bières à partager au passage :).

Puis, 6 heures de route vers le Sud-Ouest jusqu’à des formations rocheuses (un parc national) où nous ferons une petite randonnée à travers des ruines d’un temple bouddhiste et ces fameuses formations. L’étendue autour est infinie, c’est assez impressionnant. On se sent tout petits, impressionnés et émus d’être dans l’un des plus grands désert au Monde.

paysage de Gobi
Formations rocheuses, notre 1er stop dans le désert brûlant.

Vers 18h, nous arrivons dans une famille nomade pour partager un lait de chèvre dans leur « ger » (yourte) et échanger sur leur monde de vie.
Notre guide sert d’interprète et nous pouvons discuter de la situation du pays, leur mode de vie et apprenons les codes d’une yourte : Ne jamais traverser les 2 piliers centraux, toujours entrer en se dirigeant vers la gauche et enfin, ne pas tourner le dos à l’autel dressé au fond de la yourte.

Quelle sensation agréable de dormir dans une yourte ! Une ambiance feutrée où les sons nocturnes du désert sont absorbés par les tissus moelleux qui lui servent de parois. On se sent dans un cocon…

yourte de nuit
Une nuit paisible dans le désert de Gobi

JOUR 2 :
La journée la moins sympa du programme. Et pour cause, on la passe sur la route pendant 8 heures à rouler sur des p’tits chemins direction Bayanzag. Pas de route goudronnée, on suit des traces dans le sable brûlant. Notre chauffeur connait par coeur chaque croisement, ce qui nous impressionne car il n’y a aucun panneau et les chemins se ressemblent tous…et on y croisent même des gazelles !!

gazelle en course
Des gazelles à vive allure, croisées sur la route.

Un stop pour le déjeuner et on the road again ! Vers 19h30, nous arrivons à notre camp de nomades pour la nuit. Celui-ci a un troupeau de chameaux qui blatèrent énormément et le propriétaire a opté pour le jet de pierre en pleine tête afin de les faire taire… Je dirai que les nomades n’aiment pas les animaux, ni la nature. Pour avoir assisté à plusieurs scènes de ce type, y compris sur leurs chevaux ou leurs chiens et vu leur tas de détritus plastiques enterré à deux pas du camp…

yourte nomade
La yourte de notre hôte nomade, squattée par les chèvres.

Les familles de nomades travaillent, pour la plupart, dans l’élevage d’animaux. Plus les troupeaux sont grands, plus les familles sont riches. On les appelle « nomade » car, dans le désert l’hiver il fait très froid. C’est donc 2 fois par an (une fois en été et une autre en hiver), que tout le camp se déplace à un endroit plus propice à la vie.

Un contraste fort, il n’y a aucun « confort » dans leur yourte, ils dorment sur des tapis posés autour du poêle central. Par contre, ils ont une télé et du coca-cola ?!

Il n’y a ni douche, ni WC. Un trou dans le sable entouré de quelques planches de bois fera l’affaire pour les toilettes. En revanche, pour la douche il faut aller en ville et payer. Nous en prendrons une demain, avec la chaleur, on se réjouit d’avance.

JOUR 3 :
La douche nous revigore et nous reprenons place à bord de la camionnette qui nous emmène voir Khongoryn Els. Digne d’un film et célèbre pour la représentation du désert que se fait l’inconscient collectif, les Dunes de Sable apparaissent à l’horizon…

C’est magique.

dunes de sable du désert
Le soleil se couche sur les dunes de sable.

Et notre camp se situe au pied, nous laissant l’occasion d’admirer l’amoncellement de sable de 900 km² qui s’étire sur plus de 180 km pour une largeur pouvant atteindre par endroit 27 km.

On décide d’y aller pour voir le coucher de soleil. D’une part car il fera moins chaud pour la montée dans le sable et, d’autre part, car avant nous allons faire un tour de chameau prévu par notre guide.

3 consignes simples : « ne pas crier », « monter ou descendre par la gauche » et enfin « ne jamais lâcher la corde ». Bon ok, pas de pression, tout va bien se passer…

chameau
Préparation du chameau de Lucie.

Je monte sur le chameau accroupi et pousse un léger cri de suite réprimandé, lorsque celui-ci se lève ! Une heure de promenade, où nous serons dandinés par le mouvement asymétrique des pas de nos chameaux. C’est marrant, et permet de prendre de la hauteur sur un paysage désertique et infini.

Le coucher de soleil restera gravé dans nos mémoires avec l’ascension de la dune de sable et les rayons orangers du soleil que l’on admirent du sommet. Quelques instants suspendus nous faisant prendre conscience de l’endroit où nous sommes, ensemble, et la chance que nous avons.

coucher de soleil dans les dunes de sables
Coucher de soleil sur les dunes de sable du désert de Gobi

Le soleil disparaît derrière l’horizon et emporte une petite larme que nous aurons versé devant la beauté du spectacle.

JOUR 4 :
6h de route en direction d’Ice Valley, une vallée de glace…dans le désert !

Ici il fait 35°C et le soleil tape fort, on parcourt un sentier au milieu de montagnes verdoyantes aux allures de Nouvelle-Zélande. Nous sommes dans le parc national de Gobi Gurvansaikhan, dans le Sud de la Mongolie. On y croise d’autres touristes pour la 1ère fois quasiment de notre séjour dans le désert.

couche de glace
L’épaisse couche de glace.

Tous sont venus observer cette bizarrerie climatique avec l’étendue de glace de plusieurs kilomètres, qui brille dans une gorge étroite de cette vallée. C’est une rivière située au fond d’un canyon qui gèle en hiver et son épaisse couche de glace protégée du soleil au fond de la gorge, nous permet de le voir également en été.

Retour à la yourte, nous sommes épuisés par la route et toutes ces découvertes.

JOUR 5 :
Aujourd’hui, deuxième et dernière douche du séjour, que nous avons payé à Dalanzadgad, après être allés faire quelques courses dans cette unique ville du Sud de la Mongolie.

On reprend nos places dans la camionette grise pour 4h de route, avant d’arriver au camp de nomade qui nous accueille en nous offrant du fromage de chamelle et du lait de chamelle fermenté (devenu alcoolisé). Un supplice régal pour nos papilles ! Nous préparons le déjeuner ensemble avec une recette de chèvre aux pierres chaudes.

intérieur de yourte
La préparation du repas dans la yourte de nos hôtes.

Puis, nous croisons (oui je sais dans le désert c’est improbable de croiser du monde), une bande d’amis séjournant chez notre hôte également, et qui sont d’humeur festive. Après s’être envoyée une chèvre et 3 bouteilles de vodka, ils nous invitent à les rejoindre. Je ne sais pas si c’était un piège ou la vérité, mais notre guide nous a briefé : « vous ne pouvez pas refuser si l’on vous sert de l’alcool, au moins le 1er verre ».

rencontre du désert
Rencontre festive dans le désert de Gobi.

Et c’est comme ça que Tom et moi nous sommes retrouvés à trinquer à la vodka mongole et à la bière à 3h de l’après-midi en plein milieu du désert. Visiblement nous étions avec des gens « fortunés » d’Oulan Bator, dont un membre du gouvernement (aucun moyen de vérifier, nous ne parlons pas mongole).

Ce dernier, un peu soul, propose de nous marier à nouveau ici, en plein milieu du désert. Et c’est comme ça qu’en à peine 2h, nous avons organisé un nouvel échange de voeux, quasiment 1an après notre mariage en France…

Tenues de cérémonie empruntées à la famille, désignation du porteur d’alliance et notre guide qui opte pour le rôle du maître de cérémonie… Inoubliable et émouvant moment en haut des falaises blanches.

Lucie et Tom
Notre échange de voeux au coeur du désert de Gobi.

JOUR 6 :
De la route, encore. En même temps, le désert de Gobi c’est une superficie de 1 300 000 km2 .

Les paysages sont incroyablement variés et donnent au désert une palette de couleurs déroutante : des montagnes, des steppes, des falaises, des roches, des étendues de sable, des oasis. On y voit de tout !

6h de route plus tard, on plante nos tentes dans un cadre sublime : La réserve naturelle de Ikh Gazriin Chuluu. Certainement le plus bel endroit que nous ayons vu du désert de Gobi.

campement désert
Installation du campement pour la nuit.

À peine installés, nous vivrons notre première tempête de sable aux allures d’apocalypse : le ciel tourmenté, la visibilité réduite et les tentes qui décollent. La nuit sera agitée mais nous en gardons un très bon souvenir. On ne vit pas ça tout les jours, c’était stupéfiant d’être au milieu de nulle part et de ressentir la nature dans cet état.

campement isolé
Seuls au monde (avant la tempête).

JOUR 7 :
On sort du désert pour remonter vers Oulan Bator et aller à Terej NP.

Aïe ! Déception totale ! Un parc à touristes pas vraiment beau car la nature n’y est absolument pas respectée… On y fait une balade à cheval totalement libre mais le paysage n’est vraiment pas à la hauteur de nos attentes. Nous avions prit goût aux paysages spectaculaires du désert et, avec la pluie que nous avons ici, son soleil brûlant nous manque un peu.

JOUR 8 :
Retour à Ulaanbaatar (Oulan-Bator) en passant par une statue de Ghenghis Khan énorme sur son cheval, perché sur un musée. Là encore, c’est une machine à touristes sans grand intérêt, dont nous aurions pu nous passer… Retour à la civilisation toutefois, avec la douche en ligne de mire.

 

Bye Bye Mongolie

C’était une très belle aventure. Nous avons adoré l’excursion dans le désert de Gobi, nous offrant la possibilité de découvrir ce pays si complexe.

Parce qu’on sait qu’il nous sera difficile et coûteux de poursuivre par nous-même l’exploration du pays (très peu de bus, hébergement…), nous décidions de continuer notre route vers la Chine.

14 jours en Mongolie au total, sans regret nous quittons ce pays qui nous aura fasciné par sa nature immense et indomptable. Exactement ce que nous étions venu chercher.

paysage mongolie
La Mongolie sauvage qui nous a conquise.

Nous reprenons la route par la Terre et c’est cette fois-ci en train que nous partons à Datong, notre première ville chinoise.

Notre album photo est ici en attendant d’être chargé sur le blog ;).

Lire l’épisode suivant.

 

 

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