Tout a commencé quelques jours avant les 31 ans de Tom… On a senti la date de péremption arriver pour nous, entendez que, passé cet âge, nous n’étions plus éligibles pour le visa vacances travail néo-zélandais. Après avoir vécu une expérience incroyable en PVT Australie, on ne pouvait pas laisser passer cette chance de retourner en Océanie ! C’est ainsi que nous avons fait la demande, pour obtenir notre PVT Nouvelle-Zélande, avec l’espoir d’y vivre une aventure extraordinaire…

L’histoire d’un PVT avorté

Le visa en poche, nous avons décidé de nous rendre en Nouvelle-Zélande en minimisant nos déplacements en avion. Au départ de la France, nous avons donc parcourus un long chemin par la Terre, jusqu’à Singapour. Un voyage fabuleux et dépaysant…et le début d’un autre qui commence à Christchurch, sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande.

Arrivée en Nouvelle-Zélande à Christchurch @neweyes

Notre arrivée en Nouvelle-Zélande était pleine de promesses…© Neweyes

Sauf qu’au lieu d’1 an, nous avons passé 2 mois en Nouvelle-Zélande et devinez quoi ?… Nous n’avons pas aimé. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes partis aussi prématurément. Une expérience que nous avions sans doute idéalisée, qui, au final, n’a pas répondu à nos critères.

Il s’agit ici de notre vécu et nous comprenons que beaucoup de voyageurs apprécient le pays des hobbits (heureusement) ! Nous tenions à revenir sur les raisons de la fin anticipée de ce PVT en Nouvelle-Zélande.

Un pays que nous avons idéalisé

Depuis la France, on nous envoie des messages de grands espaces, de paysages incroyables et dépaysants mais la Nouvelle-Zélande ne nous a pas vraiment bluffée. Nous avons roulé 9 000 km à bord de notre van, parcourus les 2 îles et exploré le pays dans tous ses recoins, sans en tomber amoureux.

Pourtant, nous avons passé au peigne fin les atouts néo-zélandais: paysages montagneux, lacs aux eaux turquoises, fjords, glaciers etc…C’est beau, il faut le reconnaître oui ! Mais comparé aux panoramas d’autres pays (y compris la France), ce n’est pas SI grandiose que ça.

Déception d'un PVT en Nouvelle-Zélande @neweyes

Oui la Nouvelle-Zélande c’est beau ! © Neweyes

Les glaciers sont riquiquis, les parcs naturels sur-exploités pour le tourisme, et pour les grands espaces ils sont encerclés par des villes ultra chères et sophistiquées (je pense à Queenstown entre autres). On perd tout le charme du naturel, et le moindre « incontournable » de Nouvelle-Zélande en est gâché.

À Milford Sound par exemple, un départ d’avion touristique qui survole la zone a lieu toutes les minutes ! C’est véridique ! Les bateaux de croisière sont au nombre de 17 sur les fiords à coup de corne de brume. La pollution sonore gâche le tableau et on a l’impression que le site est sur-exploité. Un parc national est censé être un endroit préservé de toute activité humaine, mais en Nouvelle-Zélande ce n’est pas le cas.

En gros, pour se retrouver seuls, à l’état sauvage et profitez du silence pour observer la faune et la flore, on a trouvé que c’était plus compliqué qu’ailleurs. En Australie (hors côte Est) ou en Patagonie, les paysages sont vraiment hors concours. Pas de circuit aménagé pour les touristes, on a la sensation d’être « into the wild » ! C’est ce que nous pensions trouver en Nouvelle-Zélande et qui nous a déçu.

La météo capricieuse

Au bout d’un mois de voyage sur l’île du Sud, le soleil venait terriblement à nous manquer. Et pour cause, nous avons eu de la pluie 2 jours sur 3… Heureusement que nous avions choisi d’atterrir ici au Printemps, dans le secret espoir de démarrer notre périple avec une météo clémente !

il pleut souvent en Nouvelle-Zélande

Polly est bien d’accord avec le guide « Nouvelle-Zélande » !

Lorsque nous avons demandé aux néo-zélandais si cette météo était habituelle, ils nous ont répondu que c’est la première fois depuis 27 ans que le temps était si mauvais à cette période. Mais peut-être disent-ils ça tous les ans..? Quoi qu’il en soit, le manque de soleil commence à jouer sur le moral. Et vivre en van quand il pleut ne facilite pas les choses…

Le fléau des sandflies

Véritable fléau sur l’île du Sud, bien pires que les moustiques en Asie, ces minuscules moucherons à l’appétit féroce sont aussi là pour noircir le tableau.

En effet, quand il ne pleut pas, inutile de s’en réjouir et de sortir la table de pique-nique au bord d’un joli lac. Non ! Quand il ne pleut pas, ce sont ces sandflies qui sont là pour vous faire vivre un enfer. Impossible de les ignorer, elles sont très nombreuses à s’inviter à l’apéro (des centaines), leurs piqûres démangent beaucoup et très longtemps (au moins une semaine)

Sandflies, le fléau de Nouvelle-Zélande

Quand on ne savait pas encore ce qui nous attendait…!

En gros, quand il fait beau, impossible de profiter de l’extérieur ou de laisser son van ouvert. Nous pouvions nous asperger de répulsif mais l’absence de douche nous en a dissuadé ! On nous en avait parlé c’est vrai, nous pensions à une simple formalité, pas à devenir fou au point de se barricader dans notre van !

Les néo-zélandais qui saturent des backpacks

Peut-être en ont-ils marre de voir débarquer chez eux des voyageurs du Monde entier ? Il faut dire que le backpacker n’a pas bonne réputation, surtout les français. Je parle du voyageur en sac à dos et/ou avec son van, qui vient découvrir le pays et faire des petits boulots saisonniers.

Avec les années, il y a eu pas mal d’abus de voyageurs qui ont laissé un goût amer aux néo-zélandais et les ont rendus…distants. On peut les comprendre.
Pour notre part en tout cas, les regards étaient inquisiteurs et on a plus d’une fois oublié de nous rendre nos bonjours… ou encore des réveils nocturnes intempestifs pour nous faire comprendre que nous n’étions pas les bienvenus.

Si nous avions voyagé avec un autre budget et d’une autre manière, je peux vous assurer que nous aurions été beaucoup mieux accueillis.

Le tourisme backpack sort par les yeux des néo-zélandais, c’est eux qui nous l’ont dit.

Toujours est-il que nos contacts avec les kiwis se sont moins bien passés que nous ne l’espérions.  Nous nous sommes sentis bien mieux accueillis chez leurs voisins australiens.

La culture, quelle culture ?

Bienvenue aux Etats-Unis d’Amérique ! C’est ce qu’on aurait pu lire en arrivant à l’aéroport. La culture fast-food est omniprésente. J’imaginais les kiwis très attachés à leur histoire, aux origines de ce pays, à la Nature et aux animaux. Je les voyais passionnés de Rugby, fair-play et courtois, ouverts sur le Monde….

En fait, quand on lit des articles sur la NZ, notre imaginaire dresse vite un tableau qui ressemble à : Maoris, Rugby, Nature et Douceur de vivre

En toute honnêteté, ça ressemble bien plus à :
Chasse, Pêche, Tuning et Mac Donald

On passe sur le raciste caché derrière un patriotisme poussé à l’excès. On est mal à l’aise, plus qu’en Australie ou même en France (faut pas non plus se voiler la face) . Ici on ressent du mépris, du jugement, de la haine carrément envers les asiatiques (entre autres), et tout cela revendiqué avec fierté. En clair, en Nouvelle-Zélande : on aime pas trop les étrangers. Il semblerai que ce petit pays ai la mémoire bien courte sur son histoire…

Le pays de l’écologie ?

Peut-être le point le plus important de notre déception ! Nous nous imaginions déjà dans un paradis écologique ayant refusé l’accès à l’énergie nucléaire, protégeant corps et âmes la faune sauvage et le fragile équilibre de leur éco-système… Et par dessus tout ça, un grand souci de la cause animale.

Regardons les choses de plus près.

Leur économie est basée sur l’exploitation forestière et l’élevage ovin et bovin. Les immenses étendues verdoyantes en bordure d’océan peuplées de petits moutons sont vidées de tout vie sauvage dans le but d’y exploiter du bétail.

mouton en Nouvelle-Zélande

Les moutons n’y sont pour rien mais leur exploitation est un désastre environnemental en Nouvelle-Zélande

Si on ajoute à ça, une surconsommation de produits transformés, une distribution quasi-systématique de sacs plastiques dans les magasins et 1 gros 4×4 diesel par habitant, le tableau est complet.

Ah non ! J’allais oublier les loisirs ! On est très loin des week-ends rando en famille et de longues parties de rugby avec les copains. Ici, il faut montrer qu’on est un homme, un vrai ! Il faut donc une voiture énorme (4×4 de préférence) qui fait le plus de bordel possible et qui pollue bien. Véhicule qui sert à emmener son pilote à la chasse ou à la pêche histoire de se défouler un peu en zigouillant quelques animaux du coin (tant qu’il y en a encore).

Le principal « engagement écologique » des néo-zélandais consiste à écraser les possums, lapins, hérissons et autre espèce jugée invasive. Ces animaux étant des espèces introduites et menaçant la biodiversité qu’ils « chérissent tant »… Je vous laisse vous faire votre propre avis.

Le coût de la vie et le travail qui ne paye pas

Cerise sur le gâteau, ici tout est très cher ! Nous le savions, pour avoir vécu en Australie, mais ici le coût de la vie y est encore plus élevée. Le travail ne paye pas, bien moins qu’en Australie, avec 15,25$NZ/heure, (soit 8,90€/heure). Pour comparer, en Australie, nous avons travaillé pour 21$NZ/heure ! Les jobs de backpacker, qui sont souvent dans le fruit-picking, sont donc moins rémunérateurs qu’en Australie. Ce qui nous a très rapidement convaincus à reprendre la route vers l’Amérique du Sud.

Bon allez, on a quand même du positif !

Parce que nous n’avons pas été très tendres avec la Nouvelle-Zélande, on tient quand même à rétablir l’équilibre avec les aspects de ce pays que nous avons apprécié :

  • La flore : Les randonnées en forêt nous on fait découvrir une flore unique et merveilleuse. Les 1 200 espèces de fougères sont le parfait exemple de la grande diversité de la végétation en Nouvelle-Zélande.
  • La voie lactée : Que l’on a pu observer à plusieurs reprises sans pollution lumineuse et qui nous a fasciné. Les joies de l’hémisphère Sud !
  • Les animaux qu’on a pu observer : Kéas, otaries, manchots …!
  • Les couchers de soleil : De l’autre bout du Monde ils sont magnifiques…
  • Le Sphénodon : Ça ne va pas parler à beaucoup de monde, mais en tant qu’amoureux des reptiles, celui-ci est une légende vivante. C’est un reptile unique au Monde qu’on ne trouve qu’en Nouvelle-Zélande. Cet animal vaut à lui seul un voyage en terre du milieu.
Tom sous la voie lactée en Nouvelle-Zélande

La voie lactée au lake Tekapo, Nouvelle-Zélande !© Neweyes

sphénodon à Invercargill

Un Sphénodon ou « Tuatara » en Nouvelle-Zélande

Pourquoi on vous raconte ça ?

Parce qu’on adore prendre notre plume pour vous recommander des destinations, il faut aussi qu’on fasse preuve de transparence et d’honnêteté.

Un blogueur voyage doit-il toujours dire que tout est merveilleux ?

Nous avons pris le parti de dire la vérité sur nos expériences, bonnes ou mauvaises, parce que ça fait partie du jeu. Notre blog est un espace de partages, nous écrivons bénévolement et librement nos billets. Bien sur, chaque article passe par notre filtre à nous, notre interprétation, notre vécu, et retranscrivent notre réalité.

Puisque l’on parle de voyages dans nos articles, on devait vous raconter comment nous avons vécu celui-ci.

Conclusion

2 mois et 9 000 km en Nouvelle-Zélande nous ont permis de découvrir ce pays. Nous y avons vécu, acheté un véhicule, ouvert un compte en banque, voyagé, mais nous n’avons pas trouvé ce que nous cherchions.

Très branchés nature et animaux, l’absence de faune nous a laissé un grand vide. Nous avons cependant observé des oiseaux fabuleux (les manchots pygmées !!), mais nous sommes globalement ennuyé dans ce petit pays sans risque. La Nouvelle-Zélande reste certainement une destination qui fait rêver les voyageurs, nous vous encourageons à réaliser vos envies surtout. Dans un contexte de voyage à court terme, la perception y est forcément plus positive que d’avoir prévu d’y rester un an pour y travailler.

Si vous aussi vous avez été déçus par la Nouvelle-Zélande ou si, au contraire, vous avez adoré ce pays, allez-y, commentez ! On aura plaisir à échanger avec vous !

 

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