« Nous on trime pendant que vous kiffez ! »

Voici la phrase anodine qu’un bon ami a prononcé récemment lors d’une conversation téléphonique. On peut dire que cela m’a interpellé, pour ne pas dire choqué.

En y réfléchissant, on entend aussi souvent des « bonnes vacances » ou autre formule signifiant que nous avons de la chance d’avoir les doigts de pied en éventail sous le soleil de l’hémisphère sud. Le tout, pendant que nos proches triment à longueur de journée pour faire tourner la société.

Comme un air de reproche…

L’heure a donc sonné pour moi de rédiger mon petit coup de gueule et de vous apporter une autre vérité, celle des voyageurs.

Voyage = vacances !

Difficile de faire changer les mentalités, c’est notamment par manque d’informations ou parce qu’on ne souhaite pas regarder la situation sous un autre angle. Dans l’inconscient collectif, quelqu’un qui est en voyage est forcément en vacances parce qu’il n’est pas au travail. Logique !

Si cette règle est votre vérité, ainsi soit-il.

Mais la vie est, à mon sens, beaucoup plus contrastée que cela. Je vais tenter de vous l’expliquer avec mes mots, mes pensées et l’expérience de mon existence qui a modelé mes croyances.

Décryptage du concept de travail

Le travail, si j’ai bien compris le point de vue de la société, c’est une obligation qui permet de gagner de l’argent pour vivre. Ce n’est pas quelque chose de très rigolo car on y passe la majorité de notre temps, de notre vie parce qu’on y est obligé. Bah oui, qui va payer les factures sinon ?

Et pourquoi tu n’y es pas toi ? C’est trop injuste !

Détente à Mission Beach, Australie @neweyes

Le voyage vu par nos amis

Voyez-vous moi j’y suis aussi, mais d’une autre manière. Je travaille sur moi, je vais à ma rencontre, celle des autres et de l’inconnu.

J’apprends à m’émerveiller, à communiquer dans d’autres langues, à trouver ma destination, à me mettre à l’épreuve avec un quotidien imprévisible…

Je suis occupée à vivre, tout simplement.

Et pour gagner de l’argent ? J’ai créé mon emploi et fais des économies pour voyager ! Je suis à mon compte et j’aime tellement ce que je fais que je ne ressens pas la « pression du travail ». C’est un choix, ce n’est pas tombé tout seul par miracle, c’est réellement parce que je l’ai voulu. J’ai mobilisé l’ensemble de mes ressources pour atteindre cet objectif, c’est tout (ça nécessite bien sur, travail et volonté).

Voyager est un choix, et choisir c’est renoncer !

Voyager est un choix, c’est donc l’option prise à un instant T pour vivre sa vie au détriment d’une autre version. Celle où nous aurions des enfants, une maison et serions avec nos proches au quotidien, par exemple. Car choisir, c’est prendre le risque de renoncer. Voilà pourquoi mon ami « trime » pendant que je choisis.

Voir la vie en noire ou en rose est un choix également.

On a tous le choix d’être heureux, triste ou en colère quand et comme on le souhaite. Car les émotions ne dépendent pas de l’extérieur. Elles dépendent d’une volonté intérieure et propre à nous-même.

Je ne peux pas vous obliger à être triste ni à être heureux n’est-ce-pas ? Personne d’ailleurs ne peut obliger quiconque à être malheureux ou heureux.

5 questions pour savoir si vous pouvez partir voyager ©neweyes

Le chemin que l’on emprunte nous appartient.

Ainsi, quand mon pote Alex pense « trimer » dans sa « vie de contraintes », c’est son libre arbitre de percevoir sa vie comme un fardeau.

Le libre arbitre, c’est quoi ?

C’est l’entière liberté de faire ou ne pas faire, de choisir ou ne pas choisir selon sa volonté.

En clair, quand vous broyez du noir, ou subissez le métro-boulot-dodo : Personne ne vous inflige cette perception. Personne ne vous oblige.

Personnellement, j’ai pu admettre cela le jour où j’ai compris que nous étions les créateurs de notre existence. Je crée l’anxiété, elle n’est pas créée par le chien qui vient vers moi. J’ai crée ma peur des chiens sans fondement (c’est le principe d’une peur).

Nous sommes les créateurs de notre existence, tous sans exception.

Le choix de vivre autrement, en décalage avec les autres

Avoir tout quitté à 30 ans pour la 2nde fois de ma vie, c’est un choix. Celui d’être incomprise ou enviée, mais celui qui, normalement, ne se fait pas à mon âge.

Vivre sur les routes, avec un sac sur le dos, quand même on a pas idée ! Normalement ma place est au travail avec mon mari, dans notre maison à crédit, à regarder grandir nos enfants.

Heuuu… On peut savoir qui a décidé que c’était ça, avoir une vie normale ?

Forcément on passe pour des hippies, des gens sans responsabilité qui envoyons tout promener pour le simple plaisir de vivre à fond nos rêves. « Ils vont se casser les dents à ne rien construire comme ça ». Sauf que la vérité, c’est que nous sommes heureux et dans l’instant présent.

Voyager nous rend heureux @neweyes

« We are not hippies, we are happies »

Le futur, le retour en France, comment va t-on faire sans droit au chômage ? Tout ça est un immense point d’interrogation qui rend notre vie incroyablement palpitante. Nous sommes amoureux de cette vie.

Un décalage dans nos choix de vie…

Cela crée un décalage avec nos familles ou nos amis. Il est impossible pour eux, comme pour nous, de comprendre nos quotidiens respectifs.

qui peut créer de l’incompréhension…

Impossible de se confier sur des journées où l’on a pas forcément le moral parce que bon, quand même « tu voyages, tout est génial ».

Nous aurions tout aussi bien pu être très heureux avec une maison, un travail et des enfants. Ce n’est simplement pas cette option que nous avons choisie.

Alors facilité ou complexité ? On s’en balance un peu du moment que chacun y trouve son compte et respecte les choix de l’autre, surtout lorsqu’il est heureux.

Voyager, c’est un quotidien sans repère

La vie est totalement bouleversée en voyage car nous perdons tous nos repères. Les trajets que nous faisons, les rencontres, les endroits où nous dormons : chaque situation nous la vivons chaque fois pour la 1ère fois.

Point de zone de confort, de visages connus ou d’environnements familiers.

Tout est nouveau, tous les jours ! Autant dire que le cerveau est toujours en ébullition, il doit s’adapter et réagir en fonction des ces situations inconnues continuellement.

Dormir en voyage @neweyes

Parfois les nuits sont courtes

Imaginez-vous un peu changer tous les jours d’endroits, de langues, de monnaie, de nourriture, de WC, de douches etc… Vous trouvez ça reposant ?

C’est vraiment excitant, mais en aucun cas je n’utiliserai les mots détente et farniente.

Ne jamais dire à un voyageur qu’il est en vacances !

Les voyageurs n’aiment pas qu’on leur dise qu’ils sont en vacances. C’est sous-évaluer la charge mentale et physique dont il faut faire preuve au quotidien et qui n’a rien de « reposant ».

Préparer son itinéraire à l'avance @neweyes

Préparer son itinéraire au quotidien

On voyage tous avec un budget (on est jamais tombés sur des milliardaires encore). Et tenir un budget, c’est être vigilant au centime près ! Où dormir, c’est pas vraiment savoir si on aura vue sur la mer ou si on sera au calme, c’est plutôt combien ça va coûter ?

Si beaucoup pensent qu’on a des hôtels 4 étoiles avec piscine à siroter des cocktails sur la plage, la réalité d’un voyageur est tout autre.

Dès le réveil, si tant est que l’endroit où l’on a passé la nuit nous a permit de dormir, il faut répondre à plusieurs « comment ».

  • Comment aller du point A au point B le moins cher possible ? Quitte à faire 16h de bus au lieu de 10.
  • Comment se faire comprendre pour prendre le bon bus et descendre au bon arrêt ?
  • Comment manger ? Y a t’il un endroit où se nourrir ou faire des courses ?
  • Comment faire pour aller aux WC ? En pleine journée, je rappelle que nous n’avons pas de maison.
  • Comment faire cette randonnée sur le volcan qui coûte un bras ? On ne peut pas la faire, tant pis.
  • Comment et où dormir ce soir ? Le moins cher, le moins confortable souvent, mais si possible avec une douche, commune, bien évidemment.
  • Comment faire pour laver mon linge sale ? J’ai besoin de sous-vêtement propre là !
  • Comment faire avec cette pluie ? Car oui, il pleut aussi en voyage.
  • Comment trouver internet gratuitement ?
  • etc…

Le tout pour entrer dans une enveloppe journalière la plus petite qu’il soit afin de faire durer ce voyage et ces découvertes le plus longtemps possible.

Si, de surcroît, le voyageur partage ses photos, vidéos, tient un blog ou anime une page Facebook, le travail ne se fait pas tout seul.

Non, un voyageur n’aime pas qu’on lui dise qu’il glande ou se l’a coule douce au soleil car, en vérité, il n’arrête pas.

Pourquoi ne pas en faire autant ?

J’ai envie de dire, pourquoi pas vous ?

Quand vous pensez « Regarde les ceux-là avec leur voyage de folie pendant qu’on bosse toute la journée », j’ai envie de vous dire « faites-le ! ».

Je connais déjà la réponse : c’est impossible. Entre le travail, les enfants, le chien malade ou l’argent, il y aura toujours une bonne excuse. Ou tout simplement, vous n’avez pas envie de ça.

« La plupart des gens restent toute leur vie prisonniers des limites de leurs pensées. Il ne dépassent jamais un sentiment de soi personnalisé, construit par le mental et conditionné par le passé. » Eckhart Tolle.

En clair, vous êtes votre propre barrière. Et si votre envie est de voyager, vous êtes avertis, c’est loin d’être les vacances ! Mais ça en vaut tellement la peine !

Vous pouvez aussi kiffer tout simplement la vie que vous avez, si vous ne souhaitez pas en changer. Être la meilleure version de vous même au quotidien et sans voyager !

Vous êtes un(e) voyageur(se) ?!

Allongez la liste des questions de votre quotidien avec nous ! Quelles sont vos interrogations de voyageurs ? Répondez-nous ici, sur Facebook  avec le #voyagercpaslesvacances !

Voyager, ce n’est pas être en vacances !
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