À l’annonce d’un nouveau départ, les réactions des proches sont aussi nombreuses que variées. Encouragements et surtout questionnements (tout à fait légitimes), il est parfois compliqué d’expliquer ce choix qui « sort du cadre ». À l’âge où la plupart d’entre nous fonde une famille, un foyer et une carrière, nous décidons de tout quitter (encore) pour faire un Tour du Monde en sac à dos. Sans vraiment de plans établis, ni de délais, nous avons décidé de parcourir le Monde et de se laisser guider par nos envies.

Alors tout ça peut paraître complètement dingue, surtout à + de 30 ans. Pour nous, c’est naturel et se lancer nous fait grandir. Surprises et improvisation au programme, voyager au long court demande une grande réactivité et capacité d’adaptation.

C’est un vrai bonheur de ne pas savoir de quoi demain sera fait, cela nous ramène à l’instant présent, à une vie intensément consciente.

Même s’il n’y paraît pas, nous savons très bien ce que nous faisons. Pour mieux comprendre comment nous vivons, nous avons décidé de répondre à vos questions dans cet article.

Si vous voyagez, vous ne construisez rien ?

Nous faisons de nos vies des expériences et des souvenirs, comme tout le monde au final ! Nous n’avons pas de voiture, de maison ou d’enfants à l’heure actuelle, mais ce n’est pas pour autant que nous ne construisons rien. Nous le faisons simplement d’une manière différente du schéma « traditionnel ».

Nous nous construisons nous-même au travers de nos voyages et de ce que nous vivons.

Nous ne « possédons » rien de ce que nos sociétés modernes ont créé pour nous car ce modèle ne nous épanouit tout simplement pas. Nous avons des jours comptés sur Terre et nous en sommes conscients. Nous avons donc fait le choix de vivre chacun d’eux selon nos désirs afin de ne pas être frustrés d’avoir fait semblant. C’est notre conception du bonheur et de la vie.

Vous n’avez donc pas de « chez vous » ?

Chez nous c’est nulle part et partout à la fois. Pourquoi s’approprier un minuscule morceau de Terre quand on a la possibilité de la découvrir toute entière ? C’est en tout cas cette perception que nous avons et faisons tout pour y parvenir.

Nous avons eu un « chez nous » que nous avons vendu avant de partir pour l’Australie, quand nous avons compris que cela ne nous rendait pas heureux. Quand nous sommes revenus en France, nous avions loué un appartement meublé mais nous étions tout le temps dehors ! Très peu d’affaires, nous ne sommes pas dans la possession, c’est notre choix.

Notre maison est maintenant le monde

La douceur de notre foyer en Touraine

Alors non, nous n’avons pas de « chez nous », puisque nous vivons sur les routes. Ces 4 dernières années, nous avons passé presque 2 ans au total en voyage. Bien sur, nous chercherons un endroit pour vivre quand nous aurons décidé de rentrer et de ranger nos sacs à dos.

Qu’avez-vous fait de vos affaires ?

Nous n’avons pas grand chose à part quelques cartons stockés dans un box en France. Il n’a pas été facile au début de se déposséder de nos objets, de nos meubles, mais une fois le pas franchi, nous avons ressentie une véritable sensation de liberté . Non avons presque tout vendu et conservé l’essentiel. Et pour le voyage, vu la taille de nos sac à dos, la sélection fut impitoyable : pas de « au cas où », que de l’indispensable à emmener avec nous.

Et le travail dans tout ça ?

Nous avons tous les deux travaillé dans des entreprises jusqu’à fin 2013. Tom en tant que responsable d’équipe dans une société de bâtiment et Lucie en tant que responsable marketing dans la grande distribution. Nous avons signé des ruptures conventionnelles avec nos employeurs et décidé de partir en Australie.

Là-bas, nous avons travaillé (dans les mangues, les ananas, champignons…) 2 mois au total, ce qui a financé la majorité du voyage. En effet, nous avions peu de dépenses avec notre vie en van et de bons salaires australiens.

Planter des arbres dans l'outback australien

Planter des arbres dans l’outback australien

Au retour et après une formation de 9 mois, nous avons décidé de créer nos emplois.

Nous avons monté une petite entreprise en communication et tout fait pour pouvoir en vivre. Ce fut le cas pour notre plus grande fierté. Avec ce nouveau voyage au long court, nous partons avec une enveloppe définie et étudiée par pays. Nous avons décroché un PVT en Nouvelle-Zélande, où nous comptions travailler mais le pays ne nous a pas vraiment enchanté.

Comment financez-vous votre voyage ?

Avec notre mode de voyage, notre quotidien est moins onéreux que celui d’un sédentaire. En effet, entre le loyer/crédit, les charges, les assurances, les téléphones, la voiture et tout le tralala, les frais fixes mensuels sont déjà bien élevés. En voyage, exit ces charges et l’argent est disponible pour l’essentiel : manger, dormir et payer les trajets. Nous partons avec une quantité (très) limitée de vêtements techniques, sac à dos et mode routard.

On passe le maquillage et le style, les séjours en hôtel 4 étoiles…même si nous nous autorisons de petits plaisirs ! Bien sur c’est un choix, et dépenser au minimum pour découvrir le plus possible nous engage dans une vie de simplicité. Cette vie nous plaît et nous convient, sinon nous ne le ferions pas.

Wilson face à Uluru

Nous avons adoré la liberté de vivre dans notre van, sur la route.

Pour ce qui est du budget voyage, pas de secret, nous l’avons économisé pendant 2 ans en travaillant tous les deux sans relâche, y compris les week-ends, à notre compte et ensemble. Avant de partir de France, nous avions une vie très simple avec peu de dépenses. Une petite voiture pour deux, pas de dépenses vestimentaires (la frustration disparaît quand on voit l’argent sur le compte épargne), limitation des sorties payantes, bref, une consommation raisonnée et basée sur l’essentiel. C’est exactement de cette manière que nous vivrons en rentrant.

Nous n’avons jamais manqué de quoi que ce soit, ni senti la moindre frustration. C’est un choix de vivre sans superflu.

Nous sommes devenus plus créatifs, astucieux et débrouillards, bref, que du positif !

Est-ce difficile d’être loin des proches ?

Ce n’est pas toujours facile, surtout de les quitter à nouveau. La décision de repartir fut un choix difficile à faire, notamment par rapport aux proches. Il y a des moments de manque mais dans ces cas là nous pouvons toujours communiquer avec eux : un Skype et ça repart ! Nous avons énormément de choses à nous raconter, c’est très enrichissant et ça resserre également les liens.

De plus, on ne se sent pas seuls sur la route, au contraire, le voyage apporte beaucoup de nouvelles rencontres et de très fortes amitiés. Être loin de nos proches est cependant la chose la plus difficile lorsqu’on décide de partir voyager aussi longtemps.

Mais pourquoi partir, vous fuyez ?

Nous ne fuyons rien, nous partons par désir de voir autre chose, de vivre différemment, pour notre épanouissement personnel. Nous le faisons pour nous tout simplement, parce que nous pouvons le faire, nous avons la capacité physique, l’envie et tout fait pour y parvenir.

Rester nous donnait l’impression de passer à côté de quelque chose.

Comme si des fragments de nous même étaient répartis dans les 4 coins de la Terre et que le but de votre vie était de tous les trouver pour nous construire. Voilà ce que nous ressentons.

Et après, vous aller faire quoi ?

Après ce voyage, nous n’en savons rien et nous ne voulons surtout pas savoir. Nous ne savons même pas qui nous serons devenus après ce nouveau périple, alors comment deviner ce que nous voudrons faire ? Les voyages apportent énormément car ils nous font sortir de notre zone de confort et c’est à ce moment là que nous « grandissons » le plus. Ils nous rendent infiniment plus riche.

Pensez-vous à l’horloge biologique ?

C’est bien sûr c’est une question qui nous est beaucoup posée. Et surtout une forte attente de notre société. Même si nous avons tous les deux 32 ans, nous n’avons pas envie de fonder une famille pour le moment. Le jour où nous en aurons envie, nous le ferons. Nous préférons vivre à notre rythme et sans pression sur un sujet aussi important que celui-ci.

Les voyageurs sont déconnectés de la réalité

Généralement le jugement tombe, et il n’est pas toujours évident d’y faire abstraction. Pour la plupart, les voyageurs sont des personnes « instables » qui ne veulent pas de responsabilités.

Nous, ce que nous ne voulons pas, ce sont des regrets.

Vivre comme nous l’avons choisi peut être perçu comme un échec de vie dans notre société actuelle, basée sur la possession, l’ultra consommation et la compétition de celui qui aura toujours plus afin de prouver sa réussite. Nous préférons être d’heureux « loosers » au regard de notre modèle, car cela a plus de sens pour nous que tout le reste.

Voyager nous rend heureux @neweyes

« We are not hippies, we are happies »

Ce n’est pas parce que culturellement parlant, il est coutume de se caser, d’acheter une maison et de faire des enfants que c’est ça la vie. Ça l’est pour celui qui veut y croire et qui souhaite que cela devienne sa réalité. Ce n’est pas la notre, et ce n’est pas pour autant que nous ne la respectons pas.

Il n’y a pas de vie meilleure que d’autre tant qu’elles sont vécues en accord avec ses principes et ses valeurs.

Nous sommes connectés à nous et au Monde qui nous entoure. Aux différentes cultures que nous découvrons au fil du voyage, à d’autres modèles de société, à la Nature…Déconnectés d’un système que ne nous convient pas oui, mais connectés à tout le reste et surtout à nos envies.

Voilà en toute sincérité les raisons qui nous amènent à partir. N’hésitez pas à partager les vôtres, voyageur ou non, car la grandeur est dans l’échange.

 

 

Choisir de voyager, pourquoi, comment ?
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